Le patron de cette auberge est un nostalgique des croisades. Hiver comme été, il ne quitte jamais son armure de plaques et s'obstine à servir du sarrazin bouilli à tous les enfants de Dieu qui viennent en pèlerinage dans son auberge. Vieux soudard, il égaye malgré lui les soirées de ses beuglements et de ses crises de mysticisme. N'a-t-il pas un soir où il en tenait une belle, vu se multiplier par deux les miches de pain posées sur une table? Ou comme cette soirée lointaine où le Seigneur lui parla depuis le fond de sa chopine! Sa fille, sceptique et de mœurs légères ne demande qu'à se laisser séduire, mais gare au joli cœur qui viendrait à lui compter fleurette, car c'est avec un bélier que son futur beau-père viendra lui servir le petit déjeuner, à peine l'amourette consommée...

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